UTL du trégor

Conférences


"Les cadrans solaire en Bretagne - de THOUTMÔSIS III au XXIème siècle".

  • mercredi 21 novembre 2018 à 14h15
  • Intervenant : Jean Paul Cornec

A l'aube du monde, l'homme ignorait l'heure, et sa vie était réglée par la lumière : apparition et disparition du soleil. Un jour, il a voulu découper sa journée en moments, ainsi est né le premier cadran solaire, un cadran de hauteur. Celui-ci a beaucoup évolué au cours des siècles. Le cadran canonial apparaît au VIIIème siècle sur les églises , les monastères et ce jusqu'au XVème siècle. Il donne les heures des offices : matines, vigiles,prime, tierce, sexte, nones, vêpres, laudes, complies.

L'évolution la plus importante s'est faite lorsque le style a été orienté parallèlement à l'axe du monde dès les XVème / XVIème siècles. Il en est découlé la notion d'heures égales. C'est toujours celles que nous utilisons. L'apparition quasi simultanée de l'horlogerie va entraîner le développement de ce type de cadran avec un rôle bien défini : le réglage des horloges dont le fonctionnement laissera à désirer durant trois siècles.

Les cadrans solaires de Bretagne des siècles passés sont présents sur les églises, les châteaux, les manoirs, les fermes en campagne. Ils sont là aussi pour un usage de tous les jours : offices religieux, vie quotidienne à la ville et à la campagne, pour les travaux agricoles.

L'iconographie, qu'elle soit religieuse ou profane, est très riche. Chacun fait graver ses souhaits, son blason,... mais surtout souvent la culture religieuse centrée sur la Passion du Christ, en particulier dans le Finistère. Le message inscrit sur la table apporte le dialogue: c'est la devise, religieuse ou philosophique. Dans les siècles passés, le texte montre d'abord la situation de l'homme face à la mort, face au temps qui fuit, face à la dernière heure.

Aujourd'hui la création des cadrans solaires est importante. Les nouveaux matériaux apportent d'autres possibilités pour les tracés et les formes. Nous sommes passés du schiste et du granit à l'acier, au béton, à la lave émaillée, à l'aluminium, aux peintures, aux plastiques, aux alliages de cuivre, etc. Si le cadran a perdu son utilité d'origine, il est créé pour le plaisir, le décor, le partage, la réflexion. Les devises évoluent, et chaque commanditaire dicte son propre texte qui désormais est plus optimiste ou plein d'humour, ou offrant un jeu de mots. Avant 1945 les langues utilisées étaient le latin et le français, aujourd'hui le breton est très présent.


Les auteurs : JEAN PAUL CORNEC, PIERRE LABAT SEGALEN et BERNARD ROUXEL


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